jeudi 26 mars 2009

Un catholique, malade du SIDA, témoigne.


Malade du sida, Dominique Morin remercie le Pape d’avoir brisé un tabou. Pour famillechretienne.fr, il réagit à la polémique et explique pourquoi le préservatif répond à une logique de peur.

Avez-vous jugé scandaleux les propos récents de Benoît XVI ?

Ce que je trouve scandaleux, ce sont ces choeurs de vierges effarouchées. Qu’a dit Benoît XVI ? L’homme ne peut se résigner à vivre des comportements sexuels à risque (vagabondage sexuel ou homosexualité), ni la société fonder une prévention du sida sur l’échec. Il a rappelé que l’homme est doté d’une raison, d’une liberté, et qu’il est capable de poser des actes. La réponse à donner au sida est dans ses moyens de propagation. Le seul moyen sûr d’endiguer le risque est d’éviter les comportements à risque. C’est du simple bon sens, mais ce n’est pas le mieux partagé à l’heure actuelle ! Alors je dis merci au Pape d’avoir brisé un tabou.
Benoît VXI ne nous transmet pas une théorie qu’il vient d’inventer. Il ne fait que rappeler ce que prône l’Eglise, basée sur la Révélation. Dans l’Ancien Testament déjà est écrit "je te montrerai le chemin de la vie et de la mort. Tu choisiras la vie". Comme Dieu, l’Eglise croit en nous. Elle croit l’homme capable de poser des choix. Ces choix font sortir d’une logique fataliste qui fait de l’homme l’esclave de ses pulsions.

N’est-ce pas rendre service aux jeunes que de leur recommander le port d’un préservatif ?

Je témoigne dans les écoles depuis quinze ans. Aujourd’hui, les jeunes pensent qu’une sexualité pulsionnelle, instinctive, est leur seul horizon. Or, derrière leur demande "Dis-moi comment avoir une partie de jambes en l’air tranquille" se cache une aspiration profonde, le désir d’aimer sans savoir comment s’y prendre. Dire qu’un jeune est obligé d’avoir des relations sexuelles pour se découvrir et apprendre à aimer correspond à la logique freudienne, qui est fausse. Pour des catholiques, faire de Freud un docteur de l’Eglise en dit long sur leur vision de l’homme !
Il existe une autre voie que celle de la pornographie, la masturbation, les relations instables. Oublier de leur dire cette vérité revient à leur mentir. Celui qui leur dit d’utiliser un préservatif se lave les mains et s’offre une bonne conscience à peu de frais. Le jeune se retrouve face aux limites du moyen et de relations sans confiance. Le préservatif est un leurre et une escroquerie !
Vous êtes vous même porteur du HIV. Quel a été votre parcours ?

Dans les années 80, je vivais dans la délinquance, la drogue, le sexe, et la violence politique. En 1986, j’ai commencé à me convertir. Je n’en pouvais plus de toute cette violence. Par la pratique religieuse, j’ai découvert une joie que je ne connaissais pas. J’ai décidé de me confesser, persuadé de me faire jeter ! Or j’ai rencontré la miséricorde de Dieu, à travers le sourire bienveillant du prêtre et son absolution. Puis j’ai découvert en 1993 que j’étais infecté du sida, en phase 4. J’étais fichu.

Vous parlez de politique de prévention, comme le Saint-Père. Ce discours peut-il tenir face à un séropositif ?

Il existe bien sûr des cas d’exception, mais une morale ne se détermine pas en fonction d’un échec ni d’un mal. Jamais l’Eglise n’a dit d’aller s’infecter sans préservatif. Certaines pulsions sont parfois si fortes, notamment chez les homosexuels, que la personne n’est pas toujours capable, malgré ses efforts, d’y résister. Dans ce cas-là, bien sûr, le prêtre invite à ne pas en plus propager la mort.

Comment avez-vous tenu ce pari de la chasteté ?

Je n’ai pas eu de relations sexuelles depuis 29 ans et c’est pour moi le seul moyen complètement sûr de ne pas transmettre le virus. Je ne suis pas meilleur que les autres malades. Ma conversion m’a fait changer de perspective sur moi, mon corps, ma relation aux autres. La prière et les sacrements m’ont donné les grâces nécessaires pour déraciner en moi des habitudes et combattre ma faiblesse. J’ai appris à me "domestiquer". J’ai aussi découvert des relations chastes avec des filles. L’abstinence sexuelle est parfois difficile, mais le plaisir dont cela me prive ne me manque pas tellement, au regard de la vie apaisée que je connais aujourd’hui.

Vous êtes-vous senti condamné par l’Eglise ?

Jamais je ne me suis senti rejeté par l’Eglise, au contraire. Elle m’a ouvert ses portes, elle m’a accueilli comme j’étais, là où j’en étais. Je me suis senti aimé. Car l’Eglise distingue la personne de ses actes. Avant ma conversion, je me sentais condamné par les propos de l’Eglise, parce que je croyais faire corps avec mes actes. Je croyais que lorsque l’Eglise condamnait tel acte, elle condamnait l’homme. Or, "la vengeance de Dieu, c’est de pardonner", comme disait Pagnol. Dieu ne sait qu’aimer. Il couvre d’un amour de prédilection les malades du sida.
Beaucoup accusent l’Eglise aujourd’hui...
C’est oublier que l’Eglise fut la première à se soucier des sidéens. Dès les années 80, aux Etats-Unis, le Cardinal O’Connor a ouvert un service spécial pour les accueillir, alors qu’on ignorait encore les risques de contamination. Mère Teresa est venue créer le premier centre "The gift of love" à New-York, dédié aux malades du sida. Il en existe plusieurs aujourd’hui, à travers le monde.

L’Eglise veut le bonheur de l’homme. Le Pape tient son rôle de père, de pédagogue, lorsqu’il rappelle que l’homme est destiné à aimer en vérité, et non dans le mensonge, dans la peur et le risque de la mort. Il nous montre un chemin exigeant, sans chercher à plaire ni à séduire. Le sida se propage par le multi partenariat. Le seul moyen de l’endiguer est de revenir à la racine de l’amour. Chacun aspire à l’amour vrai, fondé sur la confiance. Voilà le véritable enfer : non pas être puni des conséquences de son péché, mais avoir peur d’aimer.

Stéphanie Combe (famille chrétienne.fr)

mardi 24 mars 2009

Le préservatif, le SIDA, écoutons l'Afrique !

Il y a 4 ans, le président Burkinabé se confiait à Samuel Pruvot à propos du SIDA, le combat mené en Afrique et le regard Européen et Français sur ce problème.
Entretien avec Blaise Compaoré, président du Burkina Faso (12/02/2005)

Pour le président Blaise Compaoré, la lutte contre le sida est une priorité qui ne souffre aucune réduction idéologique : l'abstinence et la fidélité sont aussi des moyens de prévention contre le sida.

Vous présidez personnellement le Comité national de lutte contre le sida. Pourquoi ?

C'est un engagement moral quand on est responsable d'une communauté de 12 millions de personnes. En Afrique de l'Ouest, le sida menace la vie de millions d'hommes et de femmes. Son impact sur la société est considérable. Le chef de l'Etat doit être à l'avant-garde.

Le Burkina a développé un cadre stratégique classique avec les éléments clés de la lutte contre le sida : la prévention, le suivi épidémiologique, et la prise en charge des malades. Nous commençons à enregistrer des résultats - le taux de prévalence est passé de 7 % en 1997 à 4 % en 2003.

Les malades peuvent-ils accéder aux antirétroviraux (ARV) aussi facilement qu'en Europe ?

Nous avons enregistré des efforts incontestables de la part des laboratoires. Les traitements antirétroviraux (ARV) sont vingt fois moins cher qu'au début. Mais les prix restent élevés pour les populations subsahariennes. Mettre les ARV à la disposition des malades ne suffit pas, il faut veiller à former le personnel de santé.

Quel est votre degré d'indépendance face à des organismes comme l'Onu-sida ou l'Organisation mondiale de la santé ?

Notre faiblesse, au Burkina, c'est le manque de moyens. Mais les partenaires qui disposent du financement ont compris que les programmes ne devaient pas tomber du ciel. Si tel n'était pas le cas, nous serions incapables de mettre en œuvre un programme stratégique de lutte contre le sida.

Face aux organismes internationaux, il faut savoir résister. On peut nous conseiller, mais pas faire à notre place. En matière de santé, je pense que le prêt-à-porter ne marche pas. Les Etats aussi exercent sur nous des pressions. Récemment, un journaliste américain m'interrogeait : "Qu'allez-vous faire pour aider les Etats-Unis à lutter contre le terrorisme ?" J'ai répondu : "Que vont faire les Etats-Unis pour soutenir notre lutte contre le sida ?" Le sida est aussi dangereux que le terrorisme !

Comment percevez-vous le récent débat sur le préservatif en Espagne ?

Les Européens n'éprouvent pas le danger du sida de la même manière que nous. Pour les Burkinabés, le danger est immédiat. La pandémie est une réalité visible, elle frappe votre famille, vos amis les plus proches. En Europe, vous avez peut-être le loisir de faire des thèses pour ou contre la morale. Au Burkina, nous n'avons pas le temps.

Vous agissez dans l'urgence ?

Je dirais plutôt que nous n'avons pas de tabous. Nous venons d'expérimenter des OGM dans le pays. Quand un aveugle a perdu un grain de sel, il le cherche partout, quitte à avaler quelques cailloux. Si les OGM nous permettent de multiplier par six notre production, cela vaut la peine de faire un essai. Lorsque les gens vivent dans l'abondance, ils peuvent faire la fine bouche. Pas nous.

Mais les partisans du préservatif estiment rendre un service à l'Afrique...

Il y a souvent un gouffre entre ce que disent les médias et ce qui se passe sur le terrain. En Afrique, nous vivons avec le sida au quotidien. Le débat sur le préservatif, tel que vous le présentez, ne nous concerne pas. Les Français aiment la polémique, c'est leur côté gaulois ! Certains critiquent la position de l'Eglise en prétendant défendre les Africains. Soit. Mais la plupart n'ont jamais mis les pieds chez nous !

Je leur conseille de venir faire un séjour au Burkina. Chez nous, l'imam, le prêtre et le chef coutumier travaillent de concert : tous ont l'ambition d'affronter le même mal. Se focaliser sur le préservatif, c'est passer à côté du problème du sida. En tant que chef de l'Etat, je ne peux pas préconiser un moyen de prévention exclusif aux dépens des autres.

Dans la lutte contre la pandémie, l'Eglise est-elle un partenaire crédible ?

Beaucoup de gens ignorent le travail de l'Eglise en Afrique. En France, l'intelligentsia ne comprend pas cette proximité avec les responsables catholiques. Chez nous, l'Eglise est d'abord synonyme d'écoles et de dispensaires. Le débat sur le sida n'est pas théorique, il est pratique. L'Eglise apporte sa contribution. Si l'abstinence est un moyen de prévention, nous n'allons pas nous en priver ! Le Burkina est une société plurielle. Plusieurs modes de prévention peuvent cohabiter : l'abstinence, la fidélité, et le préservatif.

L'abstinence, est-ce un moyen de prévention vraiment réaliste ?

L'Eglise n'a pas le monopole de l'abstinence ! En tant que chef de l'Etat, j'ai pris des engagements dans ce sens depuis 2002 dans le cadre de la campagne "C'est ma vie". L'objectif était de mettre les gens devant leurs responsabilités. Parmi les engagements proposés, certains faisaient directement appel à l'abstinence : "J'ai décidé de m'abstenir de tout rapport sexuel quand mon mari (ma femme) est absent(e)", et "J'ai décidé de m'abstenir de toute relation sexuelle jusqu'au mariage".

Votre politique tout en nuances peut-elle être comprise par un Français ?

Je répondrais "oui" par une boutade. Un document trouvé en Afghanistan explique que seuls l'arabe et l'anglais conviennent à la formation des terroristes. Le français est à bannir, car c'est une langue de réflexion ! Un homme passé par l'école française ne sera jamais capable de devenir kamikaze. On ne pose pas de bombes quand on a lu Pascal ou Descartes.

Propos receuillis par Samuel Pruvot
"L'Eglise n'a pas le monopole de l'abstinence"
(Famille Chrétienne 12/02/2005)

lundi 9 mars 2009

Save us all (Tracy Chapman)




I know Jesus loves me
In my heart I know it's true
I know Mary's little baby
Came into the world
Just to save me
But I don't know about you

My Gods a mighty big God
My God can shake the world up
Plagues and famines
Frogs and locusts
Walking on water
Burning bushes
Rolling the thunder
And parting the waters too

My God is good in the kitchen
Make a good meal from bread and fishes
Feed the hungry pour the wine
Everybodys welcome to have a good time
Sit at his table enjoy the food

I know Jesus loves me
He says I should love you
My neighbor not his wife
Don't covet steal kill or lie
My Gods got a lot of rules

My God made creation
Six days work one day vacation
Made a garden
Filled it with apples
Adam and Eve walked around natural
Until they are that one piece of bad fruit

I've heard that your Gods older
Buddha Allah Krishna
Manifest with many faces
Worshipped the world over in foreign places
I assume your God must love you

I know Jesus loves me
And my God is good and great and true
But if pride goeth before the fall
I hope someones God will save us all
Save us all
And love the sinners too.

Tracy Chapman, Save us All (Our Bright Future, Elektra Records, 2008)

Tracy Chapman (née le 30 mars 1964 à Cleveland, Ohio) est une auteur compositrice interprète américaine. En 2008, elle sort son 9 ème album Our Bright Future (Elektra Records, 2008).

www.tracychapman.com

vendredi 6 mars 2009

Avortement: ils oublient quelqu'un.

Chaque année, 220 000 avortements sont réalisés en France. Toutefois, plusieurs associations continuent de défendre la Vie , de soutenir moralement les femmes souffrant du syndrome post-abortif et d'apporter une aide matérielle aux femmes seules ou démunies qui attendent un enfant (ex: Alliance pour les droits de la Vie; SOS Bébé).

Plus d'infos: avortementivg.com