"L'intérieur caché métamorphosera complètement l'extérieur apparent."
Saint Grégoire de Nysse

22.10.07

I still haven't found what I'm looking for (U2)

I have climbed the highest mountains
I have run through the fields
Only to be with you
Only to be with you

I have run I have crawled
I have scaled these city walls
Only to be with you
But I still Haven't found
What I'm looking for
But I still Haven't found
What I'm looking for

I have kissed honey lips
Felt the healing in her fingertips
It burned like fire
This burning desire
I have spoke with the tongue of angels
I have held the hand of a devil
It was warm in the night
I was cold as a stone
But I still Haven't found
What I'm looking for
But I still Haven't found
What I'm looking for

I believe in Kingdome Come
Then all the colours will bleed into one
But yes I'm still running
You broke the bonds
You loosed the chains
You carried the cross
And my shame
And my shame
You know I believe it
But I still Haven't found
What I'm looking for
But I still Haven't found
What I'm looking for.




U2 and the New Voices of Freedom, Harlem, 1988. (extrait du film "Rattle and Hum", 1988)

20.10.07

Chant de la Merci.

À tous ceux qui très loin sont captifs
Dans le silence ; aux âmes enchaînées
Par la longueur des muettes années
En nul ne sait quels abîmes plaintifs ;
À ceux dont l’ombre a tant de murs sur elle
Qu’ils n’ont jamais pu donner de nouvelle
De leur nuit noire aux gens qui sont dehors ;
Ceux pleins d’appels dont nulle voix ne sort,
Dont le secret cherche un mot qui l’emporte ;
Ceux dont le cœur bat sans trouver de porte,
À tous ceux-là - je ne sais pas combien -
Je viens. Je suis petit oiseau, je viens.
Je viens, je suis moucheron, un rien frêle.
Une aile. Et j’ouvre et je donne mon aile
Pour alléger leur épaule et mon chant
Pour délivrer mon âme à travers champs.
Je viens. J’ai pris dans leurs fers, à leur place,
Leur cœur en moi pour m’envoler avec.
Je suis le pleur jailli de leurs yeux secs,
Je souffre en eux, je lutte, je suis lasse,
J’ai faim. Je tremble en des rêves tout bas,
J’ai peur... Je suis ce que je ne suis pas,
Ce que je suis peut-être - jeune fille
Que le printemps entête et qui vacille
Avec ce cœur lourd de divin ennui
Qu’on ne peut pas porter seule - je suis
Celle blessée entre toutes qui pleure.
Et je serai les pauvres tout à l’heure.
Quand je suis eux je ne dors pas la nuit -
J’irai criant, pour qu’un cri nous soutienne,
Mes maux - les leurs - nos tâches, nos soucis
Avec leur bouche pauvre, pas la mienne.
Je serai vieille, veuve... morte aussi
Avec les morts. Je serai, quand la route
Fuit sous ses pieds, pâle, celui qui doute,
Tombe renversé dans le noir de Dieu
Et ne peut plus remonter au milieu
De ses dociles et douces prières.
Je serai lui - peut-être moi derrière,
Dans son abîme - Et peut-être, au bord bleu
Du Paradis, je serai sainte un peu
Pour ceux des saints emmêlés en ce monde
Les plus petits - dont la chantante foi
Veut s’envoler mais qui n’ont pas de voix.
Je viens, je suis, folle ou triste à la ronde,
Tous ceux qui sont...
Et quand je serai moi,
Moi toute seule, aride, sans génie,
Seule au lieu morne où la route est finie,
Seule au moment où le ciel obscurci
Ne s’ouvre plus ; quand, sans être entendue,
J’aurai ma voix et mes ailes perdues,
Déjà peut-être elles sont loin d’ici -
Quelqu’un viendra. Je l’attendrai dans l’ombre,
Un frère, un cœur entre les cœurs sans nombre,
Quelqu’un à moi viendra pour la Merci
Aider mon âme à se sauver aussi.

Marie Noël (Chants de la Merci, 1930)
Marie Noël, de son vrai nom Marie Rouget, est un poète et écrivain français, née le 16 février 1883 à Auxerre, décédée dans cette même ville le 23 décembre 1967.

16.10.07

L' Eglise à le devoir d'être proche du clandestin et du réfugié.

Déclaration de l’église catholique - conférence des évêques de France - à propos du projet de loi sur l’immigration

vendredi 5 octobre 2007

Déclaration à propos du projet de loi sur l’immigration

En ces jours où les parlementaires sont appelés à se prononcer une fois encore au sujet d’un projet de loi sur l’immigration, nous éprouvons l’urgence de faire entendre notre voix.

« L’Eglise se sent le devoir d’être proche, comme le bon samaritain, du clandestin et du réfugié, icône contemporaine du voyageur dépouillé, roué de coups et abandonné sur le bord de la route. (1) » Cette parole de Jean-Paul II n’a rien perdu de son actualité. Elle justifie à elle seule, par sa référence à l’Evangile, que les chrétiens refusent par principe de choisir entre bons et mauvais migrants, entre clandestins et réguliers, entre citoyens pourvus de papiers et d’autres sans papier.

Quels qu’ils soient, ils sont nos frères et soeurs en humanité.

Il ne s’agit pas de contester la responsabilité propre des pouvoirs publics dans la régulation des flux migratoires, pourvu qu’elle s’exerce en conformité avec le droit européen et international. Nous apprécions d’être reçus et écoutés parmi d’autres par les autorités dans le dialogue démocratique. Lorsqu’à Pâques 2006, le Ministère de l’Intérieur a accepté d’entendre notre point de vue sur le co- développement, comme volet essentiel du problème migratoire, nous ne nous doutions pas que le nouveau ministère créé après les élections comporterait cette mention, à côté de l’immigration, de l’intégration et de l’identité nationale.

Mais c’est bien cet horizon-là qui ne s’éclaircit pas, celui d’une perspective réelle de partenariat méditerranéen, tel que le Président de la République l’a annoncé au soir de son élection. Tant que cette vision solidaire ne sera pas clairement perçue et mise en oeuvre, les mesures toujours plus restrictives prises à l’encontre des migrants apparaîtront comme des concessions à une opinion dominée par la peur plutôt que par les chances de la mondialisation.

Le 14 janvier dernier, évoquant « les difficultés de chaque famille de migrants, les privations, les humiliations, les restrictions et la fragilité de millions et de millions de migrants, de déplacés internes et de réfugiés » (2), le pape Benoît XVI déclarait : « L’Eglise encourage la ratification des instruments internationaux légaux visant à défendre les droits des migrants, des réfugiés et de leurs familles. » (3) Nous nous réjouissons que des élus d’appartenances politiques variées, à l’Assemblée nationale comme au Sénat, se soient opposés à l’imposition de tests génétiques pour vérifier les liens de parenté. Il y aurait là le risque d’une grave dérive sur le sens de l’homme et la dignité de la famille. Nous nous inquiétons cependant des conditions toujours plus restrictives mises au regroupement familial qui est un droit toujours à respecter (4).

Il est par ailleurs souhaitable que les immigrés puissent, en France, être initiés convenablement à notre langue et notre culture. Il y va à la fois de leur projet de réussite familiale et de l’harmonie sociale. Nous saluons les inflexions apportées sur ce point au projet initial qui, en imposant des règles trop strictes avant le départ, risquaient de produire l’inégalité selon les conditions des pays d’origine. Enfin, nous tenons à souligner l’exigence de maintenir un délai de recours suffisant pour le droit d’asile, composante inaliénable de l’héritage républicain.

† Mgr Olivier de Berranger
Evêque de Saint-Denis
Président de la Commission épiscopale pour la mission universelle de l’Eglise

† Mgr Claude Schockert
Evêque de Belfort-Montbéliard
Membre de la Commission épiscopale pour la mission universelle de l’Eglise, en responsabilité pour la pastorale des migrants

Le 1er Octobre 2007

(1) : Message pour la Journée mondiale du migrant et du réfugié, 15 janvier 1997
(2) : Message pour la Journée mondiale du migrant et du réfugié 14 janvier 2007
(3) : Idem
(4) : Compendium de la Doctrine sociale de l’Eglise n°298

11.10.07

Je crois entendre encore...

Je crois entendre encore,
Cachée sous les palmiers,
Sa voix tendre et sonore,
Comme un chant de ramiers.

Ô nuit enchanteresse,
Divin ravissement,
Ô souvenir charmant,
Folle ivresse, doux rêve!

Aux clartés des étoiles,
Je crois encore la voir
Entr'ouvrir ses longs voiles
Aux vents tièdes du soir.

Ô nuit enchanteresse,
Divin ravissement,
Ô souvenir charmant,
Folle ivresse, doux rêve!
Charmant souvenir.

Georges Bizet (Les Pêcheurs de perles)


Ci-dessus, l'interprétation de David Gilmour (PINK FLOYD): concert au Royal Festival Hall de Londres, en 2002.

8.10.07

L' hymne à la Joie (Beethoven)

Joie ! Joie ! Belle étincelle divine,
Fille de l’Elysée,
Nous entrons l'âme enivrée
Dans ton temple glorieux.
Ton magique attrait resserre
Ce que la mode en vain détruit ;
Tous les hommes deviennent frères
Où ton aile nous conduit.

Si le sort comblant ton âme,
D'un ami t'a fait l'ami,
Si tu as conquis l’amour d’une noble femme,
Mêle ton exultation à la nôtre!
Viens, même si tu n'aimas qu'une heure
Qu'un seul être sous les cieux !
Mais vous que nul amour n'effleure,
En pleurant, quittez ce choeur !

Tous les êtres boivent la joie,
En pressant le sein de la nature
Tous, bons et méchants,
Suivent les roses sur ses traces,
Elle nous donne baisers et vendanges,
Et nous offre l’ami à l’épreuve de la mort,
L'ivresse s’empare du vermisseau,
Et le chérubin apparaît devant Dieu.

Heureux,tels les soleils qui volent
Dans le plan resplendissant des cieux,
Parcourez, frères, votre course,
Joyeux comme un héros volant à la victoire!

Qu'ils s'enlacent tous les êtres !
Ce baiser au monde entier !
Frères, au-dessus de la tente céleste
Doit régner un tendre père.
Vous prosternez-vous millions d’êtres ?
Pressens-tu ce créateur, Monde ?
Cherche-le au-dessus de la tente céleste,
Au-delà des étoiles il demeure nécessairement.

Ludwig Van Beethoven - Symphonie n°9 - Hymne à la Joie (extrait)

(Léonard Bernstein dirige l'Orchestre philarmonique de Vienne)

1.10.07

7 min 56 de rock.



Joe Cocker, 1969, Woodstock.
(reprise d'un morceau des Beatles: With a little help from my friends).